Issu du Japon d’antan, le Shou Sugi Ban était de base une technique ancienne qui consistait à brûler le bois pour le rendre plus résistant face aux aléas de la nature : insectes rongeurs, incendies, etc. Aujourd’hui, cette pratique s’est répandue au-delà des frontières japonaises et a séduit les adeptes du bâtiment. En effet, le Shou Sugi Ban fait ressortir la beauté d’un bois brûlé et est adopté par la plupart des stylistes et fabricants de meubles, de par l’esthétique qu’il apporte en matière de décoration.

Présentation et concept du Shou Sugi Ban

 concept-Shou-Sugi-Ban

La technique du Shou Sugi Ban consiste à brûler du bois afin de le rendre plus résistant, notamment face aux insectes xylophages, mais aussi aux incendies, qui étaient assez fréquents à une époque donnée au Japon. Le bois est brûlé à partir de 300°C, ce qui lui permet d’obtenir une structure hétérogène, riche en carbone et en goudron.

D’un point de vue technique, ce processus entraîne un ralentissement, jusqu’à l’extinction de flammes, ce qui permet d’éviter tout risque d’incendie. Et, à la différence des autres traitements de la matière, le Shou Sugi Ban garde la structure ligneuse du bois intacte.

Aujourd’hui, on retrouve ce procédé dans la plupart des pays occidentaux, surtout en Europe et au Canada. Il s’utilise surtout pour la décoration de maison, avec une architecture contemporaine et design et dont la majorité des propriétaires sont friands.

Les principaux avantages de cette technique

Comme il l’a été mentionné, le but premier de Shou Sugi Ban était d’obtenir un matériau qui sert à protéger le bois des agressions extérieures. En effet, la combustion entraîne la formation d’une couche de carbone, qui empêche le développement de champignons et de moisissures sur le bois. D’autre part, le carbone se dote d’une faible conductivité thermique et une fois arrivé à terme, permet au bois de ne plus s’enflammer.

Sinon, le Shou Sugi Ban s’est rendu populaire par son esthétique et son apport d’un point de vue écologique. En outre, les projets de construction en bois brûlé respectent toutes les conditions d’un rendement totalement environnemental, sans l’usage de produits issus de synthèse chimique ou autre. De plus, cette technique peut faire office de recyclage naturel en redonnant vie à de vieux morceaux de bois, sans avoir à utiliser de sources d’énergie non renouvelables.

Comment obtenir un Shou Sugi Ban réussi ?

bois

En général, la technique du Shou Sugi Ban nécessite des outils spécialisés, dont certaines entreprises offrent les services. Passer par des artisans professionnels dans ce domaine est la garantie d’obtenir un résultat satisfaisant. Toutefois, il vous est possible de brûler vous-même votre matériau. En revanche, cela nécessite d’avoir une idée précise des travaux et des finitions à réaliser, ainsi que du type de bois et des méthodes à appliquer (connaissez le OSB).

Le bois utilisé pour un bon Shou Sugi Ban

À une certaine époque, il était fréquent d’utiliser le cèdre du Japon, qui a pour propriétés de réagir très bien au contact de la chaleur. Longtemps utilisé au pays, ce matériau faisait l’unanimité, notamment pour son veinage prononcé et un rendu final assez fin.

Aujourd’hui, on retrouve aussi des variantes de ce bois, possédant quasiment les mêmes propriétés et qui sont :

  • Le mélèze,
  • Le pin,
  • Le douglas,
  • Le sapin.

Naturellement résistant, leur rendu s’avère être tout aussi esthétique et teinté que le cèdre. Par ailleurs, des dérivés peuvent être obtenus en appliquant la combustion sur le bois du chêne ou de la frêne.

Les différentes méthodes de combustion

La combustion, dans sa version traditionnelle, repose sur la formation d’une cheminée naturelle, où sont assemblées les planches de bois. Le feu s’allume alors à l’intérieur afin d’obtenir une combustion de la base de planches vers leur hauteur. Cette méthode nécessite de laisser un certain espace entre les planches, pour faciliter la circulation de l’oxygène et attiser les flammes. Après 3 à 4 minutes, la combustion est finie et peut être stoppée en y versant de l’eau.

L’utilisation du chalumeau pour le Shou Sugi Ban

Le chalumeau permet d’obtenir une flamme plus petite, mais beaucoup plus dense et vive. En outre, la combustion devient plus intense, ce qui permet d’avoir un rendu final beaucoup plus contrasté. De plus, brûler les planches en profondeur permet d’atteindre les fibres plus denses, qui ont plus de mal à se carboniser.

Toutefois, l’utilisation de cette méthode requiert un temps beaucoup plus large qu’une méthode traditionnelle. Pour chaque planche brûlée, il faut compter entre 15 et 20 minutes de combustion du matériau. Enfin, pour éviter les disparités, il faut veiller à brûler chaque partie de façon régulière.

Des travaux de finition

Les travaux de finition peuvent se faire ou non, selon le choix du propriétaire. En effet, une combustion peut laisser des nervures visibles, qui peuvent être appréciées par certains. En revanche, si vous voulez une surface lisse, il faudra frotter les planches à l’aide d’une brosse métallique.